La Rose Noire

Solitude




Comme un arbre dénudé, gelé d'hiver, perdu dans l'immensité d'un désert blanc, la solitude, aquarelle tragique d'une vie, meurtri mon âme.

Mon âme aride de tant de larmes profondes qui ne jaillissent plus, qui ne l'abreuvent plus.

Fermée sur tant de peines, tant de souffrances jamais dévoilées.

Mon âme qui trahit son authenticité, refuse sa profondeur, nie son essence.

Mon âme qui dans un monologue stérile, bafoue, rejette, ignore sa créativité, son immortalité, sa vie.

Cette vie qui ne s'exprime plus, qui ne se traduit plus.

Cruelle fuite de soi ou la solitude prends toute la place, envahit tout.

Cette solitude où l'on se croit riche de quelqu'un qui est pauvre de nous, où blessé, l'on fait deuil de certitudes jamais confirmées.

Cette solitude où l'obscur néant de la vie devient palpable.

Cette solitude où la peur de décevoir, d'être déçu est omniprésente.

Ou la méfiance éloigne toute vie.

Devant ce paysage désolé, cette toile dévastée, mon âme gronde sa colère, pleure son absence d'elle-même, cherche cette complicité avec la vie qu'elle a perdu.

Par cette solitude a-t-on accès à la naissance de l'âme ou est-on dupe de sa propre mort ?

Rolande Brisson


24/01/2006
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